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Jodhpur et ses environs 23 février, 2007

Posté par unrendezvousavecganesh dans : Les petits mots de Eve , 6 commentaires

par Eve

On surnomme, à juste titre, Jodhpur ; la ville bleue. Dans l’enceinte de la vieille ville, un grand nombre de maisons recouvertes de chaux sont peintes de cette couleur formant à vol d’oiseau une mosaïque de toutes les nuances du bleu pastel au quasi indigo, tel un tableau cubiste monochrome. Tout autour de la vieille ville s’étale sur des kilomètres, la ville plus récente, anarchique et interminable, comme la plupart des villes indiennes !

Meherangarh surplombant Jodhpur
Meherangarh, la citadelle imprenable des chevaliers rajputs.

Surplombant la plus haute colline au cœur de la vieille ville, se trouve le fort de Meherangarh, bastion de la dynastie des Rathor du clan rajput.

Les Rajputs sont un des peuples fondateurs du Radjasthan. Il s’agit d’un clan de guerriers hindous qui ont contrôlé la région pendant plus d’un millénaire. Ils étaient régis par un code d’honneur comparable à celui des chevaliers européens du Moyen-Âge. Ils étaient réputés pour leur bravoure et leur hardiesse. Au combat, lorsque l’espoir n’était plus permis, ils déclaraient le jauhar (suicide collectif). Obéissant à ce rite impitoyable, femmes et enfants s’immolaient sur un gigantesque bûcher funéraire, tandis que les hommes se vêtaient de costumes de couleur safran avant de se lancer dans un ultime et funeste assaut contre l’ennemi.

Lorsque les moghols envahirent l’Inde du Nord au XVIe siècle, ils tentèrent par divers moyens de faire de ces redoutables combattants des alliés. L’empereur Akbar entre autres eu l’intelligence d’encourager les alliances entres princes moghols et princesses rajputs pour tisser des liens avec cette communauté. Il réussit si bien que les principaux généraux de son armée furent des rajputs.

Les descendants actuels des rajputs sont aisément reconnaissables par le fait que les hommes portent une boucle d’oreille à chaque oreille. Des anneaux d’or de préférence, parfois d’argent ou encore plus fréquemment des fleurs de lotus ornées de pierres précieuses. S’il portent un turban il sera rouge ou orangé.

Le construction du fort de Meherangarh débuta au XVe siècle lorsque Rao Jodha, chef du clan des Rathor décida de s’y établir. Il faut dire que l’endroit se situait sur une importante route commerciale et que ce sont les profits générés par le trafic de l’opium, du santal, des dattes et du cuivre qui en ont permis la construction. Les descendants de Rao Jodha régnèrent sur Jodhpur ainsi que sur d’autres états. Le royaume des Rathor pris le nom de Marwar qui signifie contrée de la mort. (Cela ne vous fait pas penser à un certain Mordor de Tolkien ?)

Lorsque Rao Jodha voulu s’installer sur la plus haute colline de Jodhpur, il y trouva un vieil ermite qu’on surnommait le seigneur des oiseaux. Le vieil homme fut si offusqué de se faire chasser de son perchoir qu’il proféra une terrible malédiction : Jodhpur souffrirait de la sécheresse et les gens y mourront de soif ! Les brahmanes s’émurent et réclamèrent un sacrifice pour regagner la faveur des Dieux. Un homme très brave accepta de se sacrifier pour que les augures redeviennent favorables à Jodhpur. Il fut enterré vivant dans les fondations du château. Une plaque de grès commémore son geste héroïque et ses descendants bénéficient encore de la faveur de l’actuel maharaja.

Les murs du château sont hantés par de multiples histoires tout aussi palpitantes.

Commemoration du sati de 1843
Empreintes de mains commémorant le sati des épouses du maharaja Man Singh. En 1843, à la mort de celui-ci, ses femmes s’immolèrent silencieusement sur son bûcher funéraire. Les satis ont par la suite été interdits par les anglais qui jugèrent ce rite cruel.

Autres photos de Jodhpur et environs

 

Les Bishnoi, écologistes depuis plusieurs générations !

Mercredi 21 février, nous avons fait une excursion en jeep dans la campagne et les villages avoisinant Jodhpur. Notre guide d’ascendance rajput, Dinanga, nous a fait rencontrer deux familles de fermiers Bishnoï. En chemin, il s’arrête parfois pour nous montrer des paons, des antilopes ou des dromadaires. Il prend plaisir à nous expliquer que les gens de son clan chassent et mangent ces petites antilopes en mentionnant que c’est une viande qu’il affectionne particulièrement.

Contrairement aux rajputs, les Bishnoïs sont végétariens. Les hommes sont pour la plupart vêtus de blanc jusqu’au turban alors que les femmes portent des vêtements très colorés et un gros anneau d’or dans le nez relié par une chaînette jusqu’à une ou plusieurs boucles d’oreilles.

Couple Bishnoi
Nous avons eu le privilège d’être invité à partager avec l’une de ces familles, un repas précédé d’une cérémonie d’infusion d’opium. La consommation d’opium sous forme d’infusion très légère est effectivement très ancrée dans les mœurs de cette communauté. Les effets de ce breuvage sont très subtils voire à peine perceptibles et consistent en une sensation de bien-être. La cérémonie en elle-même a une couleur religieuse puisqu’elle est accompagnée d’une prière à Shiva.

Les Bishnoïs sont depuis le XVe siècle de grands protecteurs de la nature. Dans les années 50, alors que le gouvernement indien avait autorisé la coupe d’une espèce d’arbres centenaires (khejris) pour le bois de chauffage, des Bishnoïs se sont opposés aux bûcherons en allant jusqu’à sacrifier leur vie pour cette cause. Grâce à leur action, les arbres à proximité de leurs villages sont maintenant protégés par un décret.

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